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La bouvière

Poisson bouviere
  • La bouvière est sans doute l'un des plus charmants petits poissons des eaux douces d'Europe. Longue de 5 cm, elle est assez semblable au vairon. En période normale, les deux sexes sont de même teinte, mais, à la saison de reproduction, le mâle se pare d'une coloration brillante. La ponte s'effectue dans des conditions bien particulières.
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La bouvière:



Photo d'une Bouvière (petit poisson)
Carte d’identité

Nom scientifique : Rhodeus sericeus amarus
Classification : Poisson
Taille : maximum 9 cm
Nid : pond dans les moules d’eau douce
Nombre d’oeufs : 95 à 480
Nombre de nidification : 1
Alimentation : invertébrés, phytoplancton
Protection : bonne qualité de l’eau, maintien des mollusques aquatiques


(Péteuse, rosière...) Petit poisson de moins de 10 cm., elle a le corps relativement haut et court. Un détail caractéristique est sa ligne latérale brusquement interrompue après 5 ou 6 écailles sur les quelque 34 à 38 que comporte une rangée des flancs. En temps normal, la bouvière est olivâtre, avec le ventre argenté et les nageoires inférieures rosées. Les os pharyngiens portent une seule rangée de cinq dents.

Elle n’est pas rare dans les eaux tranquilles de la plaine où elle évolue au soleil par petits groupes, mais à cause de sa taille réduite elle passe facilement inaperçue, confondue avec le fretin. Pourtant nous n’avons pas beaucoup de poissons dont les mœurs nuptiales soient plus curieuses. Sa présence dépend strictement de celle des moules d’eaux douces, dans lesquelles la femelle pond ses œufs.

On peut aisément la tenir en aquarium et elle a fait l’objet d’études fort nombreuses en relation surtout avec ses caractères sexuels secondaires (différences entre le mâle et la femelle) et les phénomènes étranges de sa reproduction.

La fraie a lieu en mai et juin. Le mâle est plus grand que la femelle, ce qui est exceptionnel chez les poissons. Au printemps, il porte des organes perlés, surtout au bout du museau. Il acquiert une parure nuptiale éclatante : flancs violacés irisés avec une tache en arrière de l’opercule, anale d’un beau rouge clair, bordée d’une bande sombre, dorsale foncée sauf une zone rouge.

On a démontré que les teintes vives du mâle n’acquièrent tout leur éclat que de manière fugace, sous l’effet d’une violente excitation, en particulier lors des combats entre rivaux. Chaque mâle en effet tend à se réserver un emplacement au centre duquel se trouve une moule d’eau douce vivante. Cette appropriation d’un territoire ne va pas sans de terribles luttes entre les compétiteurs. Toute l’activité d’un mâle tourne autour de la mulette qu’il a accaparée. On a prouvé qu’avec des impressions visuelles, le mâle éprouve une excitation particulière, dont l’origine est le courant d’eau que détermine le mollusque en respirant. Une moule morte perd tout intérêt pour la bouvière. Une moule en activité est défendue avec énergie par son propriétaire contre toute approche d’un éventuel rival. Un mâle assuré de conserver son bien s’intéresse alors, mais alors seulement, à une femelle qu’il attire par son attitude et qu’il amène en définitive à pondre entre les valves entrebâillées du mollusque. Une femelle de bouvière possède à cet effet un organe tout à fait provisoire, tube de ponte fort allongé qui se résorbe ensuite. Au moment de l’émission des œufs, il atteint près de la moitié de la longueur du poisson. La femelle diffère encore du mâle par le gonflement notable de son ventre bourré d’oeufs et vivement teinté de rouge. La femelle, entraînée par le mâle et prête à pondre, s’incline obliquement vers la moule comme si elle la considérait avec attention, puis elle se déplace pour amener son tube de ponte en bonne position. Ce tube n’est pas rigide, il ne pénètre probablement dans la cavité de la moule qu’aspiré par le courant d’entrée. En cas de réussite, un ouf est pondu et le mâle s’approche pour déposer sa laitance. Si l’opération échoue, la femelle peut gober l’œuf qu’elle vient de lâcher et recommence. La cérémonie peut se répéter longtemps. Une femelle ayant provisoirement épuisé sa réserve d’oeufs peut être remplacée par une autre, et même à plusieurs reprises. Une même femelle peut se remettre à pondre quelques jours plus tard.

Les œufs de bouvière sont relativement volumineux, mais peu nombreux. Ils sont ovales. En écartant les valves d’une moule d’eau douce, on peut les voir, perles ovales de 3 mm. de diamètre fixées sur les branchies du mollusque. Les alevins, au début, restent en place comme de véritables parasites et ne se libèrent qu’au bout d’un mois. Ils sont alors expulsés par le siphon cloacal avec l’eau rejetée.